Le remboursement de Mounjaro (tirzépatide, Eli Lilly) par l’Assurance Maladie française est l’un des sujets les plus attendus de 2026 dans le domaine de la prise en charge de l’obésité. La Haute Autorité de Santé a rendu un avis favorable le 9 décembre 2025, ouvrant la voie aux négociations de prix. Ce guide détaille les conditions qui seront exigées, le calendrier prévisible et ce que cela signifie concrètement pour les patients concernés.

Où en est Mounjaro dans le processus de remboursement ?

L’avis HAS du 9 décembre 2025

Le 9 décembre 2025, la Commission de la Transparence de la HAS a confirmé son avis favorable sur Mounjaro (dossier CT21349). C’est une étape clé : sans avis favorable de la HAS, aucun médicament ne peut être remboursé par l’Assurance Maladie.

La HAS a attribué à Mounjaro une Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR) de niveau 4 (relevée à ce niveau dans cet avis définitif) par rapport aux traitements existants pour l’obésité. Concrètement, cela signifie :

  • Mounjaro est reconnu comme un traitement efficace
  • Son apport par rapport aux autres GLP-1 disponibles est qualifié de modéré
  • Il n’a pas obtenu l’ASMR 1 ou 2 (amélioration majeure ou importante) qui aurait justifié un prix nettement plus élevé

Ce niveau d’ASMR influence directement les négociations de prix avec le Comité Économique des Produits de Santé (CEPS).

Le remboursement effectif depuis le 15 juin 2026

Les négociations entre le CEPS et Eli Lilly ont abouti, et Mounjaro est remboursé à 65% par l’Assurance Maladie depuis le 15 juin 2026 pour le traitement de l’obésité. Les prix officiels sont fixés : 176,10€ (2,5 mg), 237,68€ (5 mg), 335,95€ (7,5-10 mg), 433,80€ (12,5-15 mg) par mois.

Les conditions de remboursement sont :

  • IMC ≥ 35 kg/m² avec au moins une comorbidité, ou IMC ≥ 40 kg/m²
  • Échec documenté de prise en charge nutritionnelle préalable
  • Prescription initiale réservée aux CSO (Centres Spécialisés Obésité), CHU ou services spécialisés
  • Renouvellement possible par le médecin traitant (généraliste)

Quelles seront les conditions de remboursement de Mounjaro ?

L’avis HAS et les pratiques habituelles de l’Assurance Maladie permettent d’anticiper les critères qui seront probablement retenus.

Un IMC ≥ 35 comme seuil d’entrée

La HAS a indiqué dans son avis que Mounjaro s’adresse en priorité aux patients présentant une obésité sévère, avec un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m² associé à au moins une comorbidité (diabète de type 2, hypertension, dyslipidémie, apnée du sommeil, etc.). Avant de commencer un traitement, lisez notre guide sur les effets secondaires de Mounjaro pour vous y préparer.

Ce seuil est plus restrictif que l’AMM européenne de Mounjaro (indiqué pour les IMC ≥ 30), mais il est cohérent avec la politique habituelle de l’Assurance Maladie, qui concentre les remboursements sur les cas les plus sévères pour maîtriser les dépenses.

Un échec préalable de la prise en charge nutritionnelle

Le remboursement sera vraisemblablement conditionné à un échec documenté d’une prise en charge nutritionnelle et comportementale d’au moins 3 à 6 mois. Cette condition est standard pour toutes les thérapeutiques de l’obésité en France.

En pratique, cela signifie qu’un suivi diététique, une activité physique adaptée et/ou un accompagnement psychologique devront avoir été tentés avant la prescription de Mounjaro dans un cadre remboursé.

Une prescription initiale probablement spécialisée

Compte tenu de la complexité de la prise en charge de l’obésité sévère, la HAS pourrait recommander que la primo-prescription soit réalisée par un médecin spécialiste — endocrinologue, nutritionniste ou médecin d’une consultation pluridisciplinaire de l’obésité (CPO).

Le renouvellement pourrait en revanche être possible par le médecin généraliste, comme c’est déjà le cas pour d’autres traitements spécialisés. Depuis juin 2025, les règles ANSM de prescription des GLP-1 ont d’ailleurs ouvert la prescription initiale de tous les GLP-1 pour l’obésité à l’ensemble des médecins — une évolution qui pourrait influencer le cadre du remboursement.

Un formulaire de demande obligatoire

Depuis février 2025, un formulaire de demande spécifique est requis pour toute prescription de GLP-1 remboursé en France. Ce dispositif sera logiquement étendu à Mounjaro dès son accès au remboursement.


Mounjaro et Wegovy : les deux remboursés depuis le 15 juin 2026

Les deux traitements sont désormais remboursés à 65% par l’Assurance Maladie pour l’obésité, sous les mêmes conditions. Pour choisir entre ces deux traitements, consultez notre comparatif Wegovy vs Mounjaro.

MounjaroWegovy
MoléculeTirzépatideSémaglutide 2,4 mg
Avis HASASMR 4 favorable (déc. 2025)Avis favorable (déc. 2024)
Remboursement65% depuis le 15/06/202665% depuis le 15/06/2026
Prix officiels176 à 433€/mois~147 à ~350€/mois

Ce que cela changera concrètement pour les patients

Une économie substantielle attendue

Mounjaro coûte entre 176 et 433€ par mois selon le dosage (de 2,5 mg à 15 mg hebdomadaire). Avec le remboursement à 65% par l’Assurance Maladie depuis le 15 juin 2026, le reste à charge est de :

  • Environ 61 à 151€/mois pour un patient sans mutuelle complémentaire
  • Potentiellement moins de 30€/mois pour les patients couverts par une bonne mutuelle (100% BR)

Les mutuelles complètent désormais le ticket modérateur (35% restant) selon les contrats, comme pour tout médicament remboursé.

Un accès élargi, mais sous conditions strictes

Il serait inexact de penser que le remboursement ouvrira Mounjaro à tous les patients souhaitant perdre du poids. Les conditions strictes (IMC ≥ 35, comorbidité, échec nutritionnel, prescription encadrée) signifient que de nombreux patients qui achètent aujourd’hui Mounjaro au prix marché n’entreront pas dans le dispositif de remboursement.

Pour ces patients, le traitement restera à leur charge, au prix libre pratiqué par les pharmacies.


Les autres GLP-1 remboursés en 2026 : rappel

En attendant la finalisation du dossier Mounjaro, voici le statut des autres GLP-1 sur le marché français :

  • Ozempic (sémaglutide) : remboursé à 65% en bithérapie metformine pour le diabète de type 2 uniquement (100% en ALD)
  • Victoza (liraglutide) : remboursé à 65% pour le diabète de type 2
  • Trulicity (dulaglutide) : remboursé à 65% pour le diabète de type 2
  • Rybelsus (sémaglutide oral) : Remboursé 65 % (depuis juin 2026, obésité)(avis HAS défavorable)
  • Saxenda (liraglutide obésité) : Remboursé 65 % (depuis juin 2026, obésité)- Wegovy (sémaglutide obésité) : remboursé à 65% depuis le 15 juin 2026 (mêmes conditions que Mounjaro)

Pour une vue d’ensemble, consultez notre guide complet remboursement GLP-1 2026.


Questions fréquentes

Mounjaro est-il remboursé en 2026 ?

Oui, Mounjaro est remboursé à 65% par l’Assurance Maladie depuis le 15 juin 2026 pour le traitement de l’obésité sous conditions (IMC ≥ 35 avec comorbidité ou IMC ≥ 40, après échec de prise en charge nutritionnelle).

Qui sera éligible au remboursement de Mounjaro ?

Selon les critères pressentis : les patients présentant un IMC ≥ 35 avec au moins une comorbidité, après échec documenté d’une prise en charge nutritionnelle. Les patients avec un IMC entre 30 et 35 ne seront probablement pas couverts.

Est-ce que ma mutuelle peut rembourser Mounjaro avant le remboursement Sécu ?

Oui. Certaines mutuelles remboursent déjà Mounjaro de manière volontaire, en dehors de tout remboursement Sécurité Sociale. Les montants varient selon les contrats. Renseignez-vous auprès de votre organisme complémentaire.

Quel est le prix actuel de Mounjaro en France ?

De 230€ à 440€ par mois selon le dosage, à la charge du patient. Retrouvez tous les détails dans notre article sur le prix Mounjaro en France.

Mounjaro est-il déjà remboursé dans d’autres pays ?

Oui. Aux États-Unis, Mounjaro est remboursé pour le diabète de type 2 depuis 2022 et pour l’obésité depuis 2023. En Europe, plusieurs pays ont déjà intégré Mounjaro dans leur système de remboursement national, notamment au Royaume-Uni (NICE, 2024).


À retenir

Le remboursement de Mounjaro en France est effectif depuis le 15 juin 2026. Les patients éligibles (IMC ≥ 35 avec comorbidité ou IMC ≥ 40, après échec de prise en charge nutritionnelle) bénéficient d’un remboursement à 65% par l’Assurance Maladie, réduisant le reste à charge à 61-151€/mois selon le dosage (avant mutuelle).

La prescription initiale est réservée aux CSO, CHU ou services spécialisés, mais le renouvellement est possible par le médecin traitant.